La question que je voulais poser
était : « Est-ce une bonne idée que d’aller faire du vélo dans
le Sud pendant cette période d’automne ? ». Bon je donne la réponse
tout de suite : Non ! Pas cette semaine là ! Alors que mon
séjour était prévu de longue date, la pluie s’est invitée dans le quart
Sud-Est. Gros temps d’hiver. Bourrasques, pluie, ambiance de fin de monde, et
même des orages annoncés. Mais il en fallait un peu plus pour me décourager, et
j’ai quand même décidé de partir faire ce Mourre Nègre, un sommet à presque
1200 m à coté de chez mes parents.
J’en avais un vague souvenir d’il y a 7 ou 8 ans (oui ca fait long !), et à l’époque je roulais déjà bien freeride, mais en semi-rigide, un Commençal Pasta en mono plateau, ce que l’on nommerait aujourd’hui un « endu-rigide ». La bonne école ! Je me rappelle en avoir chié à la montée, mais que la descente valait bien le coup.
11h, 365 m
Ca commençait bien, départ en trombes, je demande mon chemin à la première intersection, on m’envoi à gauche… pas de bol c’était à droite ! Et là c’est parti très vite en sucette. Au bout de 15’, le chemin se rétrécit, puis se rétrécit encore, jusqu’à s’arrêter devant un grand trou, obligé de contourner, je me lance dans ce qui semble être le chemin, sauf que c’était des traces de sangliers.
11h30, 400 m
Je continue cependant à monter, pas motivé à faire demi tour, et persuadé de ressortir sur le bon chemin, carte à l’appui. Sauf qu’en effet, à vol de pigeon ce n’était pas loin, mais dans la garigue c’est autre chose ! Tous les pseudo-chemins que je trouvais s’arrêtaient en 20 m, et moi têtu comme un sanglier je continuais à monter droit dans la pente, avec comme idée de me poser au sommet pour me repérer. En fait il y avait plusieurs sommets… Et toujours un arbre pour me cacher la vue. J’avançais en zig-zag en portant le vélo, dans des buissons piquants et mouillés, la guerre quoi ! Ca m'a rappelé le Vietnam, mais en pire je crois...
12h30, 550 m
Je finis par récupérer la route qui mène au sommet. La question se pose alors de rentrer, puisque sur la carte, j’ai réalisé (galéré) en 1h30 ce qui se fait sans doute en 20’ sur une cote agréable… Mais bon il est encore tot et j’ai envie de rouler ! Alors je monte. Je suis un peu énervé, et ca se sent sur les pédales, ca fonce ! Et puis j’arrive dans le brouillard, intense et froid, avec des bourrasques de vent impressionnantes et quelques gouttes. Au bout de 20’ j’ai déjà un rythme beaucoup plus modéré ! Je me fais tirer quelques mètres par un chasseur (pas au fusil hein !), jusqu’à tomber de fatigue, presque à passer sous ses roues, on arrête ! Je galère avec une visibilité à 20m, qui m’interdit de me repérer. Je crois une première fois arriver en haut, mais je m’aperçois vite qu’il me reste pas mal de bornes en fait. Je croise ensuite un gars de chez EDF qui me rassure en me disant que je suis sur la bonne voie. Je persévère, mais je n’ai plus guère d’énergie… et de motivation. Mais on ne va pas renoncer si près du but !

15h, 1100 m
J’arrive au sommet, sur la crête le vent est impressionnant. Il doit faire 5°C, je suis trempé, j'ai faim, froid, je suis creuvé ! C’est un peu la séparation entre le vrai Sud et le faux Sud. D’un coté il fait toujours chaud, de l’autre il y a quand même un vrai hiver ! Et au sommet souvent de la neige… Je pars congelé, mais bon il faut y aller et plonger dans la foret pour se protéger du vent. Alors j’attaque ! C’est un peu dur au début, que de la pierre à nu totalement mouillée, le tout totalement à vu. Moi qui ait l’habitude de rouler sur de la bonne terre depuis quelques années, ca me change ! (Et puis j'ai adapté mon vélo à la terre Grenobloise moi, pas aux caillasses du sud !) Et puis après la première partie vraiment technique, on passe sur un sentier hyper ludique qui tourne dans tous les sens, un régal pour rider averti quand même (au vu des conditions) ! J’ai décidé de vous poser la caméra embarquée telle quelle de ma descente, avec comme seul arrêt le nettoyage de l’objectif de la caméra. Durée approximative de la descente, à fond sans s’arrêter : 7 minutes ! (plusieurs heures de montée...)
15h30, 600 m
En bas (enfin presque) je décide de remonter vers l'Est pour aller vers Cucuron, où est posée ma voiture, je vais encore galérer quelques kilomètres pour pas grand chose, 3 virages sympas au mieux, mais quand ca veut pas ca veut pas ! Tout ca pour ne pas arriver à Cucuron, et devoir faire demi-tour sur la départementale en arrivant a Cabrières D’Aigues. Encore quelques longues minutes de pédalage pour arriver à la voiture et je peux enfin me détendre…
16h30, 365 m
Fin du calvaire. 4h de montée pour même pas 30’ de descente (il est vrai à fond puisque seul). Mais bon ca déchire grave ce sentier ! Mais la prochaine fois je me fais monter en caisse ! Trop dur le XC ! Et puis surtout j'attendrai qu'il fasse un minimum beau ! Tous les gens que j'ai croisé travaillaient (un chasseur, 2 gardes forestiers, France télécom et EDF) et ont halluciné de me trouver là avec ce temps... "mais vous avez pas vu la météo ?" "sisi" :D
réactions (4 réactions)
Pas de chance, nous l'avons fait la veille; le temps était nickel !
On a aussi gardé une trace vidéo avec la fameuse descente du GR92 :
http://vimeo.com/32147429
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