Test Tioga Spyder Outland 2018

3 tests de selles Tioga Spyder Outland.

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Une selle mythique au look démoniaque et avec du « flex »

Avis sélectionné
Profil du testeur : 35 ans | 1,77m | 74kg | Expert | Chambéry
Acheté : 142€
Conditions du test : Quasi exclusivement dans des conditions de dingue… Boue, neige, pluie, froid, les 4 en même temps… Une journée quand même au soleil avec plus de 4h de vélo au compteur.
Cet avis matos a été rédigé à la suite du programme de Tests Privés de 26in permettant à nos lecteurs de recevoir gratuitement (et de garder) du matériel afin de les torturer sur le terrain.
Tioga - selle Spyder Outland

Tester une selle TIOGA, c’est un peu un rêve d’enfant. Cela me ramène à mes débuts, il y a près de 20 ans quand j’étais fan de Nicolas Vouilloz…

Quel plaisir de faire une recherche sur le net avec les mots suivants : « selle tioga Nicolas Vouilloz » et de voir apparaître ces belles machines dont les plus jeunes ne connaissent même pas le nom… Qui se souvient encore du radical + (sunn) et du NV-01 Vprocess (la marque de Vouilloz himself) ???

Bref, de l’eau a coulé depuis sous les ponts et la technologie / design de nos montures ont par chance fortement évolué.

Après avoir déballé le colis de Race Compagnie et avoir bavé un petit moment devant ce magnifique objet, je retrouve mes reflexes d’ancien compétiteur… Direct sur la balance ! 180 gr. Pile poil le poids annoncé. Il n’y a pas de publicité mensongère !

A titre comparatif, j’ai démonté mes autres selles. 128 gr pour ma selle Italia slr rail carbone. 222 gr pour ma selle Giant contact sl. 138 gr pour ma selle de secours Italia slr rail titane mais avec la garniture enlevée (= un morceau de pastique pour poser occasionnellement ses fesses dessus).

La selle Tioga spyder Outland est donc légère mais n’allait pas croire que l’absence de garniture et les trous sont fait pour la rendre ultra légère. Cette conception si particulière est là essentiellement pour apporter du flex.

Il existe des modèles plus légers (Spyder stratum carbone, Spyder twin tail 2 carbone mais les flex sont plus fermes car pour un usage XC ou route. Par ailleurs, les rails carbones et l’enduro ne font pas forcément bon ménage… Je me souviens d’une Shimano Epic Enduro finie sans selle après explosion de ma slr sur une compression un peu trop…. compressive ! Le choix de Tioga pour des bons vieux rails acier est donc légitime vu le programme ciblé.

Place au montage !

Vous allez me dire c’est une selle avec des rails donc il va pas inventer l’eau chaude… Oui mais…

Avant d’investir, il est néanmoins important de savoir quelques particularités :

- La hauteur de la selle est bien plus importante qu’une selle classique. Elle est environ 1 cm plus haute que sur mes SLR ou ma Giant. Attention donc si vous êtes juste en hauteur de selle avec votre tige de selle télescopique baissée au maximum. C’est le cas sur mon vélo électrique où j’ai pris une taille L contre M habituellement pour compenser un top tube un peu court. Du coup, même selle baissée au maximum, je me sens un poil haut perché avec cette selle.

- Enfin, la position des rails semble différente que sur ma slr. Conséquence, au lieu d’avoir le chariot avancé quasi au maximum avec ma slr, il est reculé quasi au maximum avec la Tioga. Attention donc si vous roulez déjà avec le chariot en position très reculé.

Pour le reste, RAS elle se monte bien (comme une selle normale quoi…).

En selle !

Je me doute que vous êtes impatient de savoir si oui ou non cette selle est révolutionnaire en terme de confort, je ne vais donc pas vous laisser poiroter longtemps :

Je suis mitigé… un jour je la trouve géniale, un jour je la trouve trop présente…

J’ai mis du temps avant de rédiger ce test car je suis passé par plusieurs sensations.

Phase 1 : Le premier contact = le pied

Lorsque je suis monté la première fois sur la TIOGA Spyder Outland, j’ai trouvé son confort vraiment bluffant.

Les fesses sont bien calées dans une cuvette et le contact reste agréable malgré l’absence de rembourrage sur la selle. Je précise que je roule rarement avec une peau (sous-short) sauf pour les longues sorties.

Phase 2 : La première sortie = doutes sur l’ergonomie et constat que des trous cela laisse plus passer l’eau !

J’ai rapidement était gêné par la bosse entre le centre de la selle et le bec de selle notamment en montée ou sur le plat quand on baisse la tête pour appuyer fort sur les pédales

La largeur du bec de selle plus importante que mes autres selles m’a également gênée (frottement au niveau de l’entrejambe).

Enfin, vu qu’il tombait des sacs d’eau à 2°C lors de la première sortie et que j’étais en short, il m’a fallu moins de 10 m pour me rendre compte que j’avais déjà les fesses bien humides. Perso, je m’en fou, on fait du VTT (Velo Tout Temps dixit l’oncle de ma femme) donc un peu plus ou un peu moins mouillée, c’est le dernier de mes problèmes surtout qu’en enduro on est quand même souvent debout.

Phase 3 : Les sorties suivantes = l’habitude et la découverte du « flex »

Au fur et à mesure des sorties, cette sensation a disparue et j’ai vraiment ressenti l’apport du flex de la selle. Pour gagner en rendement et vu que mon nouveau Giant Reign dispose d’une commande d’amortisseur au guidon, je roule de plus en plus souvent sur le plat ou dans les montées en position « bloquée ». La selle compense vraiment le rôle de la suspension dans les parties roulantes ou légèrement cabossée. Le concept prend ici tout son sens. Avec un endurigide ou un XC, l’apport de confort doit être très notable.

Ce flex reste efficace même par temps froid.

Un pad est livré avec la selle mais jusqu’ici je n’en éprouvais pas d’utilité. Pas de mal de fesses, ni de problème de « glisse » entre le tissu de mon short et le plastique de la selle.

Enfin, dans les montées raides où il faut jouer du bec de selle, la largeur supplémentaire devient finalement très agréable. Pour une fois, je n’ai pas l’impression d’avoir un (gros) suppositoire prêt à me faire une mauvaise blague…

Phase 4 : Première longue sortie = au bout de 3h, aie aie aie mes fesses

Les vacances de Noel sont là ! C’est le moment d’en profiter pour s’exiler quelques jours dans le Sud et de profiter du beau temps pour allonger les sorties.

1h, 2h sur le bike RAS. En revanche, passé 2h de bike, cela commence à se compliquer pour mes fesses. Je commence à sentir le quadrillage et la bosse devient désagréable sous les roubignoles. Au bout de 3h, cela devient franchement compliqué de continuer… Les reliefs deviennent vraiment insupportables !

Passage au stand pour enfiler une « couche »…

A partir de là, cela va nettement mieux notamment vis à vis du quadrillage. La bosse, elle, reste cependant bien présente mais cela redevient tout à fait acceptable.

Phase 5 : L’échange avec madame

Quelques jours plus tard, sortie familiale de 20 km sur piste cyclable. Vu que ma fille a la jambe dans le plâtre, on ressort la remorque enfant. Madame tire la remorque car je suis une grosse faignasse car mon vélo ne permet pas de fixer cette dernière.

A la fin de sortie, on arrive sur une montée très raide. Je propose un échange de vélo pour tracter les plus de 30 kg. Et là, il ne faut pas plus de 10 secondes pour entendre ma copine pester après la selle… Elle la trouve béton armé et elle est vraiment gênée par la bosse sur l’avant de la selle. Il faut dire qu’avec ses 48 kg tout mouillé, elle est loin de la plage d’utilisation conseillée et qu’habituellement elle a une position particulière sur sa selle accentuée sur mon vélo plus long que le sien. Question de morphologie féminine peut être…

Perso, j’ai apprécié le retour provisoire sur une selle normale…

Phase 6 : à suivre !!!

A l’heure où j’écris ce test, je reste mitigé. Je trouve que cette selle à des grandes qualités (absorption des chocs, bec de selle agréable dans les montées très raides, look) mais l’ergonomie me pose un problème en raison de cette bosse sur l’avant.

Je vais donc poursuivre ce test en utilisant le pad livré d’origine. Peut être que ce dernier viendra combler suffisamment la cuvette et ainsi limiter la bosse qui me gène. On verra également si ce pad permet effectivement de se passer d’un sous-short pour les longues sorties (>2h). Quoi qu’il en soit, je trouve que ce pad gâche un peu l’esthétisme de ce bel objet. 

7/10
Confort
Solidité des rails
Solidité de l’assise
Rapport qualité/prix

Points forts

- Flex,
- Look,
- Poids très raisonnable

Points faibles

- Ne convient pas à tout les poids (uniquement de 68 à 83 kg pour un fonctionnement optimal). Cela tombe bien je pèse 74 kg mais plusieurs versions selon le poids seraient bien venues.
- Personnellement, je trouve le galbe de l’assise un peu trop marqué.

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