Alors, pour tous ceux qui se demandent à quoi sert la chasse aux grammes sur un vélo de DH, voilà un élément de réponse:
Soyons clair, si le but est d'améliorer ses chronos, alléger son vélo ne sera pas efficace dans 95% des cas. Je m'explique:
Pour 95% des gens qui font des compétitions de DH, alléger son vélo est la dernière chose à faire s'ils veulent gagner du temps sur une DH, il y a des dizaines de choses à revoir avant que l'allégement du vélo soit efficace, car:
- bien souvent il y a beaucoup plus de poids à gagner sur le bide à bierre du pilote que sur sa monture. (solution: régime adapté)
- la technique du pilote est rarement irréprochable (solution: davantage de pratique)
- l'endurance du pilote peut être perfectible (faire du XC, de la route ou du footing peuvent être une solution)
- bien régler ses suspensions
- avoir un vélo qui correspond au pilote (bonne taille de cadre, poste de pilotage adapté, hauteur de selle bien réglée, etc.)
- avoir des pressions de pneus adaptées au poids du pilote et au terrain. (quand on voit le nombre de crevettes de 50 kg avec 2,5 bars dans chaque pneus...)
- etc.
Une fois que tout ça est réglé, il devient intéressant de s'occuper du poids du vélo.
MAIS :
Avoir un vélo léger le rend plus vif, plus facile à manier, c'est indéniable. Mais généralement ceux qui chassent le gramme le font pour le plaisir du tunning: ça flatte l'ego de savoir qu'on roule avec une bête de course, s'il ne se font pas remarquer par leur pilotage, ils compensent avec leur vélo.
De plus, peu de gens réfléchissent vraiment à ça, ils voient les pilotes de WC rouler avec des DH à 16,5kg, alors ils imitent. Le marketing joue bien son rôle de ce côté là.
CEPENDANT :
La course au light est très souvent une absurdité. Pour une raison majeure: nous ne sommes pas sponsorisés, on ne change pas de vélo comme on veut et nos vélo doivent être fiable. Or la course au light se fait trop souvent en dépit de la fiabilité.
Voici une liste des dangers potentiels de la course au light à outrance:
- cadre léger -> tubes fins (tendance à faire des pocs), roulements de petite taille (à changer plus souvent), parfois peu rigide.
- fourche légère -> jambage fragile (arceau qui pète, voire nouvelle Boxxer), peu d'huile (vidange à faire plus souvent).
- roues légères -> voilages, sauts, pocs, etc
- pneus légers -> pincements à répétition, crevaisons en tout genre.
- cintre léger -> peut plier sur une chute
- potence légère -> pas rigide, peut casser
- JDD léger -> cuvettes trop courtes (peut ovaliser le cadre), roulements peu adaptés.
- pédalier léger -> l'axe ou les manivelles peuvent casser, peu rigide.
- pédales légères -> les pédales légères sont très souvent en magnésium, un matériau encore plus mou que l'alu, si la pédale rencontre un rocher, les picots sautent.
- selle légère -> fait mal au cul ou aux cuisses (lorsqu'on appuie dessus dans les virages), les rails peuvent plier (ça m'est arrivé), si système I-Beam, la selle peut péter (ça m'est arrivé aussi).
- etc.
Encore une fois, il existe des exceptions dans chaque catégorie. Par exemple, le Orange 224 est à la fois léger, solide et fiable.
Voilà, le light c'est joli, ça fait marcher le commerce, mais attention à la fiabilité.
J'espère avoir renseigné les sceptiques. Le topic peut reprendre son cour.
inscrit le 6/4/09
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