/ Texte Hervé Doulat _ Photos Quentin Jaud _ Vidéo Hervé Doulat



Le Marzocchi Slopestyle Roc est l'événement majeur de fin de saison et ce pour plusieurs raison. C'est tout d'abord l'ultime réunion de la scène freestyle de l'année, où sont validés les faits d'arme de la saison, où devant des milliers de spectateurs et de collègues VTTistes des autres disciplines les riders ont une occasion extraordinaire de briller. Où enfin toute l'industrie du bike est réunie, où la chasse aux sponsors et aux partenaires se jouent. Ce slopestyle est donc un événement aux enjeux multiples et d'importance.


Quoi de neuf ?


Du cool et du moins cool. Clairement, la mise à l'écart du slope, remplacé au coeur du salon par les Lords of Dirt (qu'il va être dur de déloger maintenant, tant le spectacle a été énorme du côté du BMX), porte préjudice à l'événement qui du coup peine à drainer des spectateurs. Par contre, le format dual avec ses matchs à élimination directe est un vrai succès. Les runs à 2 sont très esthétiques et la notion de match bien excitante. La pression devient plus palpable et la dimension stratégique (je ride en fonction de celui que j'affronte) entre en jeux. Perso j'ai vraiment aimé et je ne suis pas le seul.


OK Rocal


Oui mais voilà, au delà (j'ai même envie de dire "au-dessus") du format du contest et du lieu, il y a le shape, le set up. Et de l'avis général, et du responsable lui-même Cyril Cabiac, il y a eu une insuffisance à ce niveau là. Pour reprendre l'expression du Yak : le slope n'était pas à la hauteur du Roc. Pour Cyril, la faute en incombait largement aux conditions dans lesquels il a été shapé : une piste de race à démonter (des dizaines de semi-remorques !), une terre médiocre, un manque d'eau, etc. Tout cela ne simplifie pas la vie. Malheureusement, cette carence est vite apparue et s'est traduite par un mouvement de mauvais humeur des riders, et un clash provoqué, en pleine qualif, par Yannick Granieri. Devant des tribunes pleines, le lyonnais prend sur lui de saborder les qualifs et choisissant délibérément de mettre les pieds dans le plat. Il s'en explique longuement plus bas. Mais on peut désapprouver la forme choisie par Yannick : les spectateurs présents ont vraiment dû se demander ce qu'il se passait !


A partir de là, on peut dire que le concours de connerie était lancé. Car les qualifs ont du coup été déplacé le lendemain, juste avant les finales. Et que Yannick a décidé de s'y présenter, ce qui, on peut le comprendre, a provoqué une certaine colère chez les organisateurs. Malgré tout, Yannick a pu faire son run de qualification, un beau run. Malgré tout, les juges décident de ne pas le classer dans les 16 premiers qui accèdent aux 1/8eme de finales. C'est la consternation et l'ambiance, déjà passablement morose, vire au malaise... Il faudra toute l'expérience de Momo pour parvenir à maintenir un semblant de festivité.


Match


Malgré tout, les phases finales se déroulent bien, la pression des matchs montent au fur et à mesure des tours et ça devient franchement serré en demi-finale. Fred Austruy s'y incline de justesse face à Richard Fert, tandis que Louis Reboul dispose de Léo Delfour. En finale, qui se déroule sur 2 runs, Richard Fert tente le tout pour le tout et engage, malheureusement sans réussite face à un Louis Reboul difficile à aller chercher. Fred Austruy s'impose dans la petite finale face à Léo Delfour, il prend donc la 3eme place du podium.


La conclusion, au-delà de l'aspect sportif (ah une finale Reboul/Granieri aurait aussi été cool !), c'est que le slopestyle du Roc a sérieusement besoin d'évoluer, sous peine de disparaitre purement et simplement. Reste à savoir si les acteurs de ce milieu, riders et organisateurs, sauront rebondir pour proposer une nouvelle formule qui tire les enseignements du passé et rende justice à l'extraordinaire potentiel sportif et visuel de notre sport.


Pour conclure, j'ai souhaité d'une part rendre hommage, comme d'habitude, au talent des riders par la vidéo ci-dessous et les superbes photos de Quentin. J'ai également demandé aux principaux intéressés, Yannick Granieri et Cyril Cabiac, une réaction à froid. Vous pouvez les lire ci-après.


La vidéo 26in



Yannick Granieri


La révolution du dirt et slopestyle français.


Tout d'abord je souhaite m'excuser auprès des jeunes riders présents sur l'événement si j'ai pu les empêcher de rouler...


Pour les absents qui entendront une puis deux, puis quatre versions différentes, voici ma version.


 Samedi après-midi j'arrive sur le Slopestyle, assez content d'être sur un événement français et impatient de rider avec tous les potes, comme d'habitude. Seulement, arrivé en haut du départ j'entends déjà : "oh putain la première elle est vraiment bizarre" ou "c'est chiant y faut pédaler à mort" mais aussi "y'a pas de flow c'est degueu à rouler" , bref j'en passe... Finalement après toutes ces critiques  je me lance : 1er run . Arrivé au bout de la ligne : merde ils ont raison ! Ca craint à mort, c'est vraiment nul ! 


 Aucun doute pour moi, le responsable  : Cyril Cabiac qui est tout simplement le responsable de l'événement et shaper du spot. 


Rajouté à ça, un petit "flashback" qui me rappelle le nombre d'événements où j'ai participé qui étaient shapés par Cyril. Et où les seuls souvenirs que j'avaient de ces derniers étaient : "Ca aurait pu être mieux, le spot n'était malheureusement pas bien shapé" . Comment vous dire, que les choses se sont déroulées comme elles se sont déroulées : sous l'énervement de chacun et ma frustration à ne pas pouvoir représenter dignement notre sport.


 Je tiens tout d'abord à dire deux choses à propos de Cyril avant d'être la risée de tous et le "Yannick Granieri qui devrait rouler aux USA et qui ne se sent plus" :


Tout d'abord j'ai un énorme respect pour le travail qu'il a pu faire et qu'il fait pour que le WRT continue à faire vivre notre sport en France ! Je  pense que je n'en serais jamais arrivé là où j'en suis sans le WRT et toute son équipe qui m'ont permis de m'exprimer auparavant, ce qui m'a ouvert de nombreuses portes pour la suite de ma carrière ! 


De plus, je n'ai aucun problème  avec Cyril personnellement. C'est un super mec remplis de motivation qui est vraiment cool.


Ma démarche et ma réaction avaient pour motivation : le sport, notre sport et la représentation de ce dernier dans notre pays : la France.


Si ma réaction a pu paraître démesurée auprès de certaines personnes, je pense que seule l'ampleur du phénomène l'était. Mon seul but était de pouvoir me faire entendre.


Et ce but reste ancré : il faut que nous puissions avancer sur ce problème, qui est tout simplement que, par la non qualification de certaines personnes nous ne pouvons pas "rider" et donc, pas renvoyer une bonne image de nous "petit Français" à l'international, alors que notre scène est tellement douée. Le problème est aussi que si nous laissons se répéter cela nos petits jeunes qui rêvent de pouvoir intégrer le FMB verront alors leurs rêves s'envoler : comment accéder à l'international, si sur les contests français ils ne peuvent pas prouver ce qu'ils valent à cause d'un mauvais "shapage". 


Enfin merde, ils faut que nous arrivions à pouvoir avoir des contests de Dirt et de Slopestyle Français corrects,  qui nous représentent nous et notre scène. Surtout avec les moyens que nous avons. Rien n'est impossible.


Voilà ma version des faits, suivant les différents échos que vous avez pu entendre, une " mise au point " était alors nécessaire. Cependant, je vous laisse à vous seul fonder votre jugement. Mais après tout on est tous dans le même bateau : on est ici pour faire reconnaître un sport, qui est notre passion. Un sport pour lequel chaque matin nous nous levons, et pour lequel nous donnerions n'importe quoi. Alors, au lieu de se renfermer dans un jugement, essayer de comprendre ma réaction que j'assume totalement, même avec les torts que cette dernière implique. Les mecs, c'est à nous de nous bouger pour que demain enfin, on puisse arrêter de passer pour des "guignols" qui se mettent la tête en l'air et que notre sport soit pris au sérieux autant que ce foot à la con. Et c'est aussi pour cela que j'ai accepté de faire cette "article", pour que ma vision des chose se fasse entendre par une manière différente : La bonne manière. 


Sur ce Peace et bon ride...! 


Cyril Cabiac


Afin de m'expliquer sur la non qualification de Yannick Granieri, je ferais un parallèle entre l'école et le VTT.

Lorsqu'un élève arrive en cours, en retard, le professeur est en droit de ne pas l'accepter dans son cours, même si le cours ne lui plaît pas afin de ne pas déranger ses camarades de classes.

Lorsque un élève arrive en cours, en retard et indiscipliné, le professeur est en droit de ne pas l'accepter et de le renvoyer chez monsieur le Directeur.

Pour faire le Parallèle voici les clés de mon énigme:

 
Le cours pourri= Roc Dual Slopestyle
Camarades de classe= Scène VTT Slopestyle
Elève= Yannick Granieri
Retard= Pas présent à l'appel des riders sur les starts lists.
Renvoi= Pas de qualificiations, Pas de Finales
Professeur= Organisation Roc Dual Slopestyle/WRT.

Pour conclure, nous avons pris cette décision car dans un premier temps, nous sommes avant tout attachés aux valeurs morales de camaraderies, de fraternité, de jovialité, de cohésion qui ont fait perdurer le WRT depuis 5 magnifiques années.

Nous avons fait certes des erreurs de Shape sur cette finale, mais cela n'a terni en aucun cas ce spectacle génial que nous ont proposé les vrais riders, des riders amateurs à 97% d'entre eux.

Afin de faire la synthèse de tout cela, il y a 2 problèmes qui ressortent:

1. Le manque de compétence de notre part.
2. Le comportement exécrable d'un "Pro Rider", leader d'opinion, icône des jeunes dirters en herbe.

PS: "le cours pourri" est annulé, le professeur n'est pas là, avec tous nos camarades nous irons en étude!  Vous comprendrez par là qu'il n'y aura plus de WRT pour les prochaines années.

L'équipe du WRT
Lionel, Kevin, Cyril et tous les bénévoles qui ont fait du WRT une grande fête du Slopestyle et un réel tremplin médiatique pour certains "pro riders" présents ce week end.