Test Wilier Triestina 503+ 2017

1 test Wilier Triestina 503+.

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DDN
Par DDN

L'arme ultime du randonneur ?

Avis sélectionné
Profil du testeur : 51 ans | 1,80m | 77kg | Avancé | Rochefort
Spécificités du montage :
Acheté : 600€ d'occasion
Conditions du test : Environ 2000 km dont plusieurs sorties de plus de 150, tous types de météo et un hiver particulièrement bouillasseux

Points forts

Beau
Gros
Inarrétable
(un char, quoi)
Transmission d'excellente qualité...

Points faibles

...et fourche de daube
Poste de pilotage de série inconfortable
Adapté à un petit segment d'utilisation : rando au long cours, bikepacking, singletracks sableux et montants de par chez moi

Attention, mesdames et messieurs, mon premier test de vélo complet, j'espère que je vais pas me planter !

Préambule

Je suis très loin du niveau technique de la plupart des fréquenteurs.ses du site, tant au niveau pilotage du grovélo qu'au niveau mécanique. Mon opinion concerne ma propre utilisation et mon ressenti à l'usage.

Wilier, c'est quoi ça, font des vétète ?

La marque italienne existe depuis le début des années 1900, devenue célèbre à la fin des années 40, et serait l'acronyme de "W (viva) l’Italia liberata e redenta". Son emblème c'est la hallebarde de San Giusto. Triestina fait référence à la ville de Trieste, qui n'était pas encore italienne à l'époque de la fondation de la marque. 

Chez Wilier, on aime les vélos hors du commun. Son modèle emblématique c'est la Superleggera, un route tout d'acier Columbus fabriqué et de cuivre vêtu des années 70 qui a bénéficié d'une reissue vers 2016 (la bestiole coûte un genre de 4500€, toute faite à la main dans les ateliers de la marque). Ils font un montercross improbable, le Jaroon, un hybride entre une randonneuse à l'ancienne et un XC de 29" moderne, un genre de gravel avec une géométrie de grovélo, en acier avec les soudures à l'intérieur.

Bref, oui, ils font des vétètes, rien d'autre que des XC d'après leur site. Je sais, c'est l'ennemi.

Le 503 c'est l'entrée de gamme chez eux et le modèle dont je vais vous parler ne se fait plus depuis deux ans, remarque vu la bestiole de niche dont il est question ça m'étonne pas que l'engin ait rencontré un succès mitigé cochon d'Inde.

Contemplation, regardation

Mon épouse voulait un engin pour nous suivre quand on part en rando avec les gosses. "Avec des grosses roues, et confortable", échaudée qu'elle était par un long trajet sur mon 27.5 bien nerveux et un brin tape-cul. J'ai vu les photos sur lebonc' et j'en suis tombé raide dingue. J'ai toujours voulu un fattie mais j'étais réticent au peu de polyvalence de ce genre d'engin et aux roues de 26".

Quelle ligne magnifique ! J'adore la couleur ! Et j'ai des plus grosses, grandes, gigantesques roues que tout le monde avec mes Maxxis Chronicle de 29*3 !

Sur le papier, fourche Manitou Magnum blocable au cintre, transmission SRam GX 11v, roues Mulefut, un bon vieux cadre alu 6061 à gros tubes, périphériques Ritchey, freins Shimano M355, vu le prix négocié sur le coincoin c'est de la balle et ça vaut le coup de faire 200 bornes pour aller le chercher au milieu des vendeurs d'huile essentielle de pesticides à Cognac.

Essai sur le parking où le monsieur l'a amené

Confort, grosses roues qui font du bruit sur l'asphalte, et je le trouve toujours aussi beau. La fourche blocable fonctionne, la position est confortable, les freins arrêtent le vélo sur le plat mais je ne me fais par trop d'illusions sur leur comportement dans la vraie vie de l'offroad. Embarqué dans la Kangoo le choubidou.

Essai IRL

Le comportement général du vélo en single est un régal. Il grimpe partout, merci le GX 32*42 et les gros pneus basse pression. Il reste maniable en virage, contrairement à ce que son physique de char d'assaut sous stéroïdes pourrait suggérer - faut quand même lui montrer le chemin un peu fermement. Il freine aussi bien mieux que les shimano bas de gamme pourraient le faire penser. Il est stable et sécurisant en descente. On n'est même pas limité par le développement mini en 32*10 parce qu'il est quasiment impossible de l'emmener à plus de 30 à la pédale.

Le comportement en rando longue / trail / gravel est gâché par l'inconfort du cintre, voir plus bas sur la revue des composants. C'est dommage parce que par ailleurs c'est une machine à avaler les kilomètres du moment qu'on a compris qu'il faut prendre son temps et ne pas essayer de rouler à plus de 15 de moyenne. Le vrai point fort de ce vélo par rapport à un XC, un trail conventionnel ou même un vélo de bikepacking utilisé en rando c'est qu'on arrête de se poser la question "par où je passe ?" La réponse est invariablement : "ben tout droit, quoi". Flaques profondes, boue, caillasse, sable, pente à 16%, souches, rien ne l'arrête. C'est le vélo que je prendrais si je devais faire une piste longue avec essentiellement des parties techniques et peu de parties roulantes comme certains morceaux de la GTMC (Grandes Causses, etc.) ou même le chemin de Compostelle en partant du Puy parce que pour avoir déjà essayé, je passe presque partout où un randonneur à pied passe.

Quant au comportement en l'air que je dois noter pour le test, euh... Un peu comme celui d'un fer à repasser volant. 

Revue des composants

Au passage, le vélo ne fait que 14kg sur mon pèse bagage Ali en taille L avec pédales et vu le poids de l'ensemble roues / pneus / chambres c'est good. Evidemment comme une grande partie de la masse est sur des pièces qui tournent il est difficile à faire démarrer mais une fois que c'est fait l'inertie des grandes roues joue son rôle et roule ma poule. 

Cadre

Je n'ai que ces compliments sur la géométrie : excellente position, bon compromis entre stabilité et nervosité. Evidemment c'est un vélo typé loisirs à la base donc faut pas chercher le chrono sur la pist'deski. Une petite sacoche de cadre rentre danl'milieu, c'est mieux si elle est custom-made. Ni plus ni moins que sur un autre vélo du même genre.

Roues

Sont grosses, sont solides, sont lourdes. C'est des Mulefüt avec un umlaut comme dans Motörhead. Z'en prennent plein des dents pendant des centaines de kilomètres sans broncher.

Un petit coup de chapeau pour les axes traversants à blocage rapide dans le genre des Mavic Speed Release : très utile s'il s'agit de réparer une crevaison sur le bord de la route (la nuit, sous la pluie, au milieu d'un BRM 600, etc. tu vois le genre)

Pneus

Les maousse Chronicle tiennent bien le choc, ils sont toujours vaillants après 2000 bornes. Ils représentent un excellent compromis pour une utilisation en rando, d'autant que leur largeur et les faibles pressions auxquelles je les roule (1.2 derrière, 1.0 devant) permettent d'accrocher partout sans qu'ils soient trop cramponnés pour que ça ralentisse sur les chemins. 60€ pièce, c'est pas donné. Le prix des chambres rentabilise le tubeless et l'hectolitre de préventif qu'il faut mettre. 

Freins

Je pense que mes amis descendeurs vont m'arracher la tête mais c'est pas grave : les freins arrêtent le vélo dans ma vraie vie d'offroad c'est à dire à pleine charge et en descente sur sol meuble. Encore une fois, je ne fais pas de station, pas de DH et ce n'est pas un vélo fait pour ça. Ce ne sont pas les freins les plus précis ou les plus progressifs que j'aie testé mais je suis encore surpris par leur endurance et leur puissance.

Un choix discutable : le câble de dérailleur passe en interne, la gaine de frein en externe sous le tube inférieur où elle est plus facile à remplacer... Et exposée à tout ce qui passe.

Transmission

Sans donner dans l'éternel débat "shimonctueux / srambrutos" c'est de l'excellent SRAM : c'est sec, ça craque, ça donne l'impression que ça va casser et ça passe, encore et encore, même en appuyant comme un taré sur les pédales en grande montée. Je me perds un peu dans les différentes dénominations de la marque américaine mais pour avoir du NX de la même époque sur le 27.5 celui là est plus précis et ne nécessite aucun réglage fin. Le développement maxi ne me semble jamais juste et pouvoir bénéficier d'un pignon de 10 sur les chemins roulants est un plus. Un des points forts de ce vélo.

Fourche

Sur le papier, c'est toujours une Manitou. Mais une Magnum Comp, un bas de gamme. Et dans la vie, qu'elle soit bloquée ou non, je ne sens pas la différence. J'ai essayé plein de réglages, plein de pressions, c'est toujours comme s'il n'y en avait pas. Notez bien que ce n'est pas un défaut, ça n'empêche pas le vélo d'être confortable et agréable à rouler. C'est juste que j'ai l'impression qu'elle fait du poids pour rien et que je roule fourche bloquée tout le temps. Je vais la remplacer par une fourche rigide dès que j'en aurai trouvé une à un prix raisonnable, virer le blocage au cintre (le genre de gadget que je déteste) et j'aurai un vrai vélo de bikepacker pour le tiers du prix. 

Périphériques

C'est du Promax ou du Ritchey alu, du bon vieux entrée / milieu de gamme rustique, pas cher, facile à trouver et qui a fait ses preuves.

Selle

Italia Q-Bik, entrée de gamme, correcte sans plus. Comme la selle c'est le truc qu'on démonte pour le mettre en vente sur lebonc' et mettre la sienne à la réception du vélo, aucune importance.

Cintre et poignées

A cause du cintre inadapté et des poignées atroces montés en série sur le vélo, le poste de pilotage en sortie d'usine est une catastrophe, c'est pourquoi il écope d'un 8 au lieu d'un bon 10. Le cintre est trop large par rapport au sweep qu'il propose ce qui rend l'appui des mains immédiatement inconfortable pour ma morphologie, il n'a pas de rise (une position CX course sur ce vélo, c'est une blague ?) et les grips ultra-fins façon crêpes dentelle n'arrangent rien. Sans parler du n'imp' type Jones H-Bar, une fois le cintre changé pour un modèle avec un sweep raisonnable, disons 9-15°, un peu de rise et les grips remplacés par un modèle épais en silicone (ESI Extra Chunky, ODI, etc.) le vélo devient une machine à rouler des centaines de bornes d'affilée, à son train de Ford F-450, sans la clim mais avec le confort des sièges.

En quelques mots

Si vous comptiez faire de la coursecrosseux, de l'enduro, de la descente ou du olemontagne avec, vous vous êtes gouré de vélo.

L'arme ultime du randonneur il est, si le randonneur il est pas pressé et qu'il roule hors route pour de pas semblant. Il passe partout, il monte aux arbres, il est confortable une fois modifié le poste de pilotage et même sans changer la fourche c'est un T35 sur pneus.


Pour qui ?

Si vous préparez l'Atlas Mountain race et que vous ne savez pas trop ce que vous allez rencontrer en chemin
8/10
Prise en main
Stabilité
Maniabilité
Capacité à descendre
Capacité à monter
Comportement en l'air
Qualité d'équipement
Finition du cadre
Facilité d'entretien

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