Test Triban 520 SPD 2019

1 test Triban 520 SPD.

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DDN
Par DDN

Une bonne idée ruinée par des défauts majeurs de conception... Dommage !

Avis sélectionné
Profil du testeur : 51 ans | 1,80m | 77kg | Avancé | Rochefort
Acheté : 50€ en magasin
Conditions du test : Environ 6 mois, deux sorties gravel (pas plus, je n'ai aucune envie de mourir en tombant), 2000km de route environ, 1000 km de Zwift avec deux ascensions de l'Alpe et beaucoup de travail de force.

Points forts

Rapport qualité-prix bluffant
Confortables sur le vélo
Solides
Jolies

Points faibles

Pas adaptées au gravel ni à aucune forme d'offroad
Inconfortables pour la marche
Impossible de rouler déclipsé

Je poste ce test ici parce que je ne sais pas trop où il a sa place. Ce sont des chaussures de vélo de route longue distance, supposées de gravel ou de randonnée à cales SPD, un segment peu développé mais amené à un brillant avenir vu l'explosion récente de l'ultra.

Avant de commencer, quelques mots sur l'ultracycling

Il fut une époque ou le mythique Paris-Brest-Paris (1200 km en moins de 84h) était confidentiel, mais avec presque 6000 participants en 2019 on commence à en sortir.

Il fut une époque où le Tour de France (2019 = 3500 km / D+ cumulé 50 000 en 19 jours) était une course longue mais la TCR (2019 = 4500 km / D+ cumulé environ 35 000 en 10 jours), les diverses Divide, et les courses ou évènements non chronométrés gravel comme la Dirty Kanza ou la Gravel Tro Breizh ont changé la donne.

Il fut une époque où seule la gagne comptait en vélo, mais une certaine lassitude vis à vis du cyclisme de route de compétition "classique" a fait émerger des événements qui sont plus proches des Brevets de Randonneurs Mondiaux que des courses avec voiture d'assistance et équipiers qui te ramènent un bidon quand t'as soif.

Il fut une époque où on distinguait les cyclosportifs et les cyclotouristes. Maintenant, la distinction n'est plus si claire.

Les héros de l'ultra sont autant des femmes que des hommes. Fiona Kolbinger et Lael Wilcox sont les premières femmes à de tous les temps remporter des courses cyclistes mixtes de niveau professionnel. Il me semble que l'ultra est le seul sport avec le triathlon à encourager pour de vrai la mixité. 

En gros, l'ultra c'est comme le vélo, mais en mieux.

Equipement spécifique ?

A part le vélo et les vêtements sur lesquels on pourrait écrire un livre et dont la croissance explosive fait s'engouffrer tous les gros constructeurs dans le segment, les chaussures doivent répondre à un besoin différent de celui d'un roulafonpendancenbornes. En plus de transmettre au mieux l'énergie du pédalage, les chaussures devront être confortables, solides, et permettre de marcher facilement à côté du vélo (flash info : quand tu roules 1000 km d'affilée, de temps en temps faut t'arrêter pisser, manger et parfois dormir). Un grand nombre de rouleurs longue distance préfèrent les cales SPD aux cales de route et la plupart pédalent avec des chaussures prévues pour le VTT XC.

C'est là que D4 a l'idée du segment Triban : de l'équipement de route sportif mais pas trop, pour rouleurs qui roulent longtemps mais pas trop vite, par tous les temps sur de nombreux terrains. En plus, ils t'expliquent, si tu veux, en langage baratin comme les autres marques : pas plus, mais pas moins.

Elles sont bleues, les miennes

Maintenant elles se font plus qu'en noir et ils ont raison, les chaussures de vélo c'est comme la Ford T faut que ce soit de n'importe quelle couleur tant que c'est noir. Dommage pour la visibilité, mais au moins ça va avec tout. En parlant de visibilité, D4 a fait un effort sur le sujet : les lacets comme les chaussures sont dotés de plein d'inserts réfléchissants. Et ils ont sorti un modèle un peu plus cher complètement réfléchissant, très adapté à ceux qui roulent la nuit (fréquent sur les BRM supérieurs à 600) et ceux qui vélotaffent.

Le matériau c'est du cuir, ce qui me pose toujours problème mais si c'est pas de la peau d'animal mort c'est du plastique ce qui me pose problème aussi, bref.

Ce modèle est doté d'un serrage à boucle qui permet de laisser les lacets lâches ou de mettre des modèles élastiques si comme moi vous avez la flemme de les faire / défaire. Sur le vélo, elles sont confortables tout de suite, et restent confortables dans le temps. Attention, le modèle en dessous (500) n'a pas du tout ni le même confort ni la même qualité de fabrication, il ne coûte que 15€ de moins : c'est une mauvaise affaire.

La semelle est assez rigide pour bien transmettre l'énergie du pédalage.

Elles disposent d'une grande amplitude de réglage de la position de la cale, un excellent point pour des chaussures destinées à la longue distance où quelques millimètres de différence de position peuvent s'avérer capitales sur le long terme.

Elles sont jolies, au passage. Discrètes et bien finies, dommage qu'ils n'aient pas oublié de coller un logo moche DieFour sur l'arrière de la godasse.

Au fait, la pointure c'est comme d'hab je fais du 44 il me faut du 45.

Elles ont 6 mois, environ 3000 km, dont 1000 de Zwift

Question robustesse, elles tiennent le choc et la route : la qualité des matériaux qui est évidente au premier contact ne se dément pas dans le temps. Les mousses se tassent très peu, le cuir ne se craquelle pas, la semelle ne s'assouplit pas plus qu'elle n'est au départ, les renforts caoutchouc de l'avant du pied et du talon ne bougent pas. C'est de la bonne. La qualité de fabrication notamment au niveau des coutures et des collages est parfaite.

Elles tiennent bien des efforts de pédalage intense comme ceux qu'on fait sur un home trainer, pas de déformation, pas de problème particulier. C'est un point important, parce que les conditions de Zwiftage surtout en montée mettent le matériel à très rude épreuve. Elles ont pris 10 000m de dénivelé ces trois dernières semaines sans bouger et malgré les litres de sueur qui ont coulé dessus, le cuir n'est ni taché ni fendu.

Elles sont assez imperméables mais c'est pour moi plus un défaut qu'une qualité parce que ça signifie qu'elles mettent des plombes à sécher quand elles sont mouillées. Je préfère de loin des chaussures aérées et des surchausses en néoprène.

'tain, 3000 km en 6 mois, c'est du canapé que tu fais comme sport, pas du vélo

Voui, parce que c'est pas mes chaussures principales. Ah bon ? Pourtant dans ce torrent d'éloges on aurait crû.

Il s'avère qu'elles ont quelques défauts rédhibitoires qui montrent que ces chaussures ont été beaucoup moins testées avant lancement que monsieur Décatluche le dit - et que les testeurs ne semblent pas avoir l'expertise dont ils se réclament.

D'une, le gars qui dit dans la pub qu'elles vont aussi bien sur route qu'en gravel ne doit pas connaitre la signification de ce dernier mot. Traduit littéralement, il signifie "gravier" ; un peu moins littéralement "chemin blanc" et dans la vraie vie "partout où tu passes avec ton VTT, j'y vais aussi". Sur chemin blanc l'adhérence de la chaussure hors vélo est correcte. Sur gravier ça se gâte un peu. Sitôt que le terrain est caillouteux / mouillé / bouilleux / glaiseux / dégueu, c'est des patinettes. Si comme moi il vous arrive de descendre du vélo pour le porter parce qu'en calculant l'itinéraire vous avez été un peu optimiste sur vos capacités de franchissement, oubliez ces pompes. Ou prenez rendez-vous maintenant aux urgences, chez le dentiste et chez l'orthopédiste ça vous évitera d'être dans l'ennui quand vous serez ramassé par terre par les pompiers.

De deux, les gars de la pub qui disent avoir roulé plein avec ne sont sans doute pas des cyclopromeneurs et roulent je pense seulement sur route et chemin pépère. Parce que nous autres qui aimons aller où le vent nous mène y'a des moments où par force on roule déclipsé quelques dizaines de mètres, en appuyant sur la pédale avec la partie médiane de la chaussure. Vous remarquerez d'ailleurs que plein de savates de VTT ont une zone antidérapante à ce niveau. Sur ces Triban, la partie médiane ressemble à une poêle en téflon, parfaite pour se blesser en chassant latéralement quand on appuie sur la pédale.

De trois, marcher avec ces grolles sur plus de quelques mètres est une vaste blague. Même faire les courses à la supérette du coin relève de l'acrobatie, elles sont aussi agréables qu'une paire de Geta à deux dents. La semelle est trop rigide, rien à voir avec des chaussures de rando confortables comme mes Pearl Izumi X-road Fuel dont le rendement est sans doute inférieur ou même des vraies VTTeuses Shimano à système Torbal dont le rendement me semble identique.

Alors quoi ?

Si vous êtes un vrai cyclotouriste qui ne jure que par les départementales, les freins à patin, les pneus de 650 (et surtout, ne dites pas 27.5 vous allez vous faire arracher la tête !), la randonneuse triple plateau à support de sacoche avant, elles sont faites pour vous. Jolies, confortables, solides, dotées d'un rapport qualité / prix exemplaire, bénéficiant de l'inoxydable garantie D4, faciles à essayer et à échanger, n'hésitez pas.

Si vous aimez les aventures un peu plus aventureuses, que vous roulez beaucoup hors du balisage routier, que vous avez un gravel typé offroad monoplateau à disques*, vous allez les détester et revenir bien vite à vos Pearl Izumi, parce que tout le monde aime rouler avec le même matos que Lael.


* oui, je sais, le On One Space Chicken il est magique pour le prix, me remerciez pas trop fort.

Pour qui ?

Pour les vrais cyclotouristes purs et durs, ceux qui roulent en Rapha, avec des poils et des moustaches.
6/10
Confort
Taillant
Look
Protection
Finition du produit
Solidité/Durabilité
Imperméabilité
Accroche sur les pédales
Accroche en marche
Maintien
Rigidité
Qualité des lacets
Rapport qualité/prix

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