Test YT Industries Capra AL27 2018

1 test YT Industries Capra AL27.

Donnez-nous votre avis !
Postez un avis de qualité et augmentez vos chances de recevoir gratuitement du matériel dans le cadre de notre programme de Tests privés.
Pitrouille

Le meilleur des mondes

Avis sélectionné
Profil du testeur : 30 ans | 1,91m | 85kg | Avancé | Strasbourg
Spécificités du montage :
Acheté : 2499€ en ligne
Conditions du test : Toutes les saisons et toutes les conditions météo possibles et immaginables.

Le YT Capra fait partie des vélos qui reviennent souvent dans la catégorie des gros enduros à tout faire. Je me dis donc qu'un test de ce vélo dans sa version la plus accessible peut en intéresser certains.
Après 1 an passé à son guidon, un peu plus de 1000km parcourus et 40 000m de D+ il est temps de donner mon avis sur la bête.


I - Le choix

Choisir un VTT en 2018, ça peut sembler facile vu le choix pléthorique de vélos. Pourtant, quand on a une idée très précise de ce que l'on veut et un budget pas extensible à l'infini, ça peut prendre un certain temps.
Après des années passées sur divers hardtails, à baver sur les gros FR et DH, il me faut trouver un juste milieu entre mes fantasmes, mes goûts, et un certain pragmatisme.
La réalité c'est qu'il me faut un vélo qui me permette de rouler vite, qui encaisse bien en descente, me permette de toucher à tout sans me limiter tout en me permettant de pédaler un minimum, le tout sans rompre complètement avec le fun du Hardtail.
Donc à priori un truc qui se situerait entre un All Mountain et un Freeride. Comme je passe déjà à peu près partout avec mon Shan et plutôt vite, un All Mountain ne me semble pas m'apporter grand chose de plus qu'un peu de confort sur la roue arrière. Un Freeride, même si c'est un rêve de gosse, il faut que je reste réaliste: je n'ai ni le niveau ni l'utilité d'un tel vélo. Mon choix s'oriente donc vers un enduro, et plutôt un gros pour pouvoir supporter mes 90kg tout équipé. Et puis j'ai toujours eu tendance à surdimensionner légèrement les choses par rapport à mon usage réel, ça m'a jusqu'à présent plutôt bien réussi.
Reste à faire un choix entre les vélos qui rentrent dans mon cahier des charges: le Canyon Torque, le Nukeproof Mega 275, le Propain Tyee, le Radon Swoop, le Commençal Meta 4.2, le YT Capra, et bien d'autres encore.

Je passerai des heures à mesurer, comparer, budgéter, rechercher à peu près tout et n'importe quoi, et puis finalement, en février 2018, le nouveau modèle de Capra est présenté chez YT. Mouais, pas mal, mais c'est pas non plus le coup de foudre. Je trouve le cadre très joli mais la peinture juste OK en comparaison des jolis coloris présents chez Nukeprook par exemple.
Par contre, quand je vois la fiche technique, je me dis que c'est quasiment un sans faute alors que chez les concurrents, il y'a souvent plusieurs composants que je ne veux pas particulièrement sur le vélo. Sur le Capra, pour le prix, je ne vois presque rien à redire.
En fait j'ai juste peur que le vélo soit un peu "gros" pour moi avec ses 170/170mm de débattement. Après quasi 15 ans sur un hardtail, ça risque de me faire un choc. Et puis il vient de sortir donc il n'y a aucun recul et encore très peu de tests.
L'idée fait son chemin mais j'hésite encore un peu à franchir le pas. 2500€, tout de même, c'est un sacré budget !
Oh, et puis merde, cette année, je fête mes 30ans, j'en chie bien dans mon boulot, ça fait longtemps que j'en rêve et que je ne peux me le permettre. Je vais donc sur le site d'YT et je passe commande d'un YT Capra AL27 2018 en taille XL.

La réception
Commande passée à la fin du mois de février, le vélo mettra une grosse semaine à arriver.
Début mars, le postier sonne à la porte un samedi matin neigeux avec un gros colis: Noël avec 2 mois de retard!
J'ouvre le carton et constate que tout est très bien emballé et calé. Premier soulagement, la teinte de bleu est bien plus belle en réalité que sur les photos officielles où le rendu est assez bizarre et artificiel.
On attaque donc le montage du vélo qui se fait sans encombre et assez rapidement. Une fois le vélo assemblé, deuxième soulagement: pour un cadre en taille XL, le vélo est fichtrement beau et bien proportionné! C'était une de mes craintes car les cadres en grande taille on souvent une gueule particulière avec leurs tubes plus longs qui cassent les proportions et l'harmonie générale d'un cadre. Ce n'est pas le cas ici et l'ensemble rend très bien esthétiquement.


II – Comment ça roule ?

1) Montée:  un vélo à deux visages
C'est incontestablement une de grosses promesses de ce vélo: les capacités en montées sont largement vantées par YT et la presse spécialisée.  "Un vélo qui monte comme un All-Mountain et qui descend comme un DH" qu'ils disent. Ouais, ouais, bien sûr!
Je dois avouer que j'étais plus que sceptique sur ce point. Venant d'un semi rigide acier en 26", je m'attendais à ce que le Capra monte un peu moins bien. Eh bien j'ai été plus que surpris parce que ça a été l'exact contraire.

Eh oui, un gros enduro en 170/170mm peut mieux grimper qu'un endurigide, et sur ce point, j'ai été bluffé. Je monte partout mieux, plus vite et j'arrive plus préservé physiquement au sommet qu'avec mon précédent vélo.
Au début, je n'y ai rien compris et j'ai cru à un bug de Strava, et puis, j'ai bien été obligé de reconnaître l'évidence. En fait, cela s'explique de plusieurs manières:
- La géométrie est très réussie, la taille XL semble faite pour moi et je me sens super bien sur le vélo. Pour le pédalage, ça aide.
- La cassette 9-46 n'a rien à voir avec la 11-36 de mon Shan et me permet de monter bien plus sereinement sans forcer.
- Le poids du pilote est très bien équilibré entre la roue arrière et la roue avant. Du coup, ça ne cabre pas et on garde un max de grip sur la roue arrière.
- L'amortisseur aide incontestablement point de vue motricité de la roue arrière et procure un confort bienvenu sans pomper exagérément tant que le pédalage reste fluide.

Après un peu plus de 1000km parcourus et 40 000m de D+ sur ce vélo, il me semble maintenant clair que le Capra présente deux profils distincts en montée: l'un assez flatteur, l'autre moins.
- 1er cas de figure: les montées sur route ou chemin assez large et lisse type route forestière.
C'est dans ce type de montée que le Capra s'en sort très bien. Il suffit de trouver son rythme, de pédaler, d'écouter les petits oiseaux, prendre le temps de réfléchir, regarder la nature et hop! On se retrouve en haut assez facilement et rapidement. Le développement de la cassette aide bien, l'amortisseur (même sans blocage) pompe peu, à peine une légère oscillation tant qu'on pédale de manière fluide et ronde, sans s'énerver. La position sur le vélo est top et le confort aussi. Même quand le degré de la pente augmente, il est tout à fait possible de très bien s'en sortir avec une forme physique tout juste correcte. Avec un peu de caisse, vous être roi du pétrole.

- 2ème cas de figure: les montées sur single assez accidenté avec beaucoup de racines, de pierres, de dévers...
Ici, le Capra montre un peu plus ses limites et la montée se fait moins facilement.
Le premier facteur limitant est le boîtier de pédalier très bas du vélo (voir photos et partie dédiée). Une simple pierre ou racine qui dépasse un peu trop ou un dévers oblige au jouer du demi-coup de pédalier pour passer l'obstacle, à se pencher, à mettre plus d'intensité dans le pédalage, bref, à casser son rythme et à adopter un pilotage beaucoup plus actif et engagé physiquement.
On lève ses fesses de la selle, on gigote sur le vélo, on transfère son poids d'avant en arrière, on cherche son équilibre, bref, on dépense beaucoup plus d'énergie et une part non négligeable de cette énergie est absorbée pour les suspensions. Le gros débattement fait que les roues ont tendance à "planter" dans les trous, entre les rochers ou devant une grosse racine.
On a un peu l'impression de se battre avec le vélo contre le terrain et non seulement ça fatigue, mais en plus ça n'avance pas très vite. Assez frustrant au final.

Donc avec le Capra, il faudra préférer grimper en choisissant les chemins décrits dans le 1er cas de figure que dans le second. Pour autant, les singles sont largement envisageables s'ils sont relativement "lisses".
Toujours est-il qu'avec ce vélo, des sorties avec 1000-1500m de D+ et 30-40km sont envisageables sur un après-midi. Sur une journée avec pause le midi, j'imagine que ça doit être possible de faire encore davantage avec un peu d'entraînement.


2) Descente:  missile sol-air

La descente, c'est forcément là qu'on en attend le plus avec un vélo comme le YT Capra. Je ne tournerais pas autour du pot: on est plus que servi et on en a pour son argent.
Pourtant, la descente, c'était aussi un point sur lequel je craignais de ne pas trouver complètement ce que je cherchais avec le Capra. Je m'explique: comme dit précédemment, avec le Hardtail, j'ai pris goût au pilotage, à bien choisir mes lignes et à bien placer mes roues, ce qui ajoute il me semble une subtilité appréciable à la pratique du VTT. Ayant essayé de gros enduros modernes, j'en avais trouvé certains presque trop "faciles" et aseptisés en descente. Je craignais donc que le Capra soit de ceux-là: trop gros, trop exclusif, pas assez fun, pataud à moyenne vitesse.
Eh bien pas du tout: on pourrait presque faire du All Mountain en s'amusant avec ce vélo, car même en y allant gentiment en descente, ça reste vif, joueur, assez léger et fun à souhait. Un bon point pour les jours où l'on se sent un peu moins d'attaque que d'habitude: votre sortie vous fera passé un bon bon moment malgré tout !

Mais c'est véritablement quand on attaque que le Capra se révèle. De gentil petit vélo bien docile et joueur, il se transforme et devient une machine qui en demande toujours plus sans jamais être pris en défaut.
C'est un vélo qui met clairement en confiance et permet de se dépasser sans cesse sans jamais avoir l'impression de rouler au-dessus de ses pompes et de prendre des risques inconsidérés. Même quand ça chauffe un peu, que vous foirez un peu votre freinage, votre trajectoire ou votre atterrissage, le Capra reste royal et ultra sécurisant.
En fait, plus c'est sale et plus vous y allez comme un sauvage du style passage à mach 3 dans un pierrier bien chaud, plus le vélo semble vous supplier d'y aller encore plus fort et plus vite. Et ça, c'est assez jouissif.

Dès les 1ères sorties, j'ai été étonné de voir que sur une descente que je connaissais bien, même en m'arrêtant pour prendre une photo et trifouiller un truc sur l'amortisseur, je battais assez largement mon meilleur chrono.

En fait, ce vélo est bon partout. Il y aurait peut-être juste dans le trialisant et à plus faible vitesse que je le trouve un peu moins à l'aise, encore que, c'est à relativiser parce que cela peut aussi s'expliquer par le fait que ce n'est pas forcément là que je me débrouille le mieux. J'ai aussi éprouvé certaines difficultés dans le très pentu sur des traces sauvages très techniques et accidentées (du style single excessivement creusé avec beaucoup de pente, un sol qui fout le camp, de gros blocs de pierre et plein de racines). Sur ce type de terrain, la faible hauteur de boîtier de pédalier vient compliquer les choses et il faut vraiment se battre sur les trajectoires pour éviter de taper les pédales partout. Sauf que parfois, la faible adhérence ne permet tout simplement pas de choisir, les roues se placent où elles veulent et là, ça peut être un peu tendu de rester sur le vélo.

Sur les sauts, je trouve le vélo plutôt sain et rigolo à emmener, à l'exception des appels avec un kick assez prononcé où l'amortisseur a tendance à donner un coup de raquette qui renvoie le pilote sur l'avant. Ce souci est dû au réglage de rebond du SuperDeluxe monté sur le vélo: même freiné au maximum, le rebond est encore trop rapide. Ce n'est pas gênant la plupart du temps à cela concerne seulement certains sauts.
Sur les réceptions, là aussi le vélo est royal et permet de se lâcher sans arrière-pensée. C'est encore assez déroutant pour moi qui vient du hardtail et plus d'une fois, alors que j'étais un peu court sur une réception, je me suis dis que la roue arrière allait bien taper, alors j'ai serré les dents, le vélo a touché le sol, et... je n'ai absolument rien senti ! Dingue !


3) La hauteur de boîtier de pédalier en question

Dans les reproches que je fais à ce vélo, la faible hauteur de BdP arrive en tête. Il me semble nécessaire d'apporter davantage de précisions car ce problème ne s'appliquera pas forcément à tout le monde. En effet, il semblerait que mon vélo ait un léger défaut de géométrie, point que je vais développer et expliciter ici.

Comme dit dans la partie traitant des capacités du vélo en montée, clairement, les pédales touchent souvent dès que le terrain est un peu accidenté. C'est agaçant mais pas rédhibitoire parce qu'en montée, on a toujours le choix de s'arrêter et de pousser quand c'est vraiment plus possible. Pourtant, plus d'une fois j'ai été surpris de constater que ça touchait alors que la racine ou la pierre qui dépassait sous la pédale n'était vraiment pas haute.

En descente, pendant longtemps, le BdP bas ne m'a pas posé de souci. En effet, j'ai plutôt tendance à garder les pédales à l'horizontale. Il n'y a guère que lors des relances que les pédales sont susceptibles de toucher. Et quand ça arrive, ça surprend... Beaucoup.
Sur la Capra, quand on relance assez fort, debout sur les pédales, le vélo pompe pas mal, la fourche et l'amortisseur s'enfoncent au delà des 25-30% de SAG et c'est souvent quand la pédale est en bas que fourche et amortisseur sont le plus compressés diminuant encore davantage la distance avec le sol.

Imaginez maintenant que vous roulez à 30-35km/h, le pente diminue légèrement donc vous vous mettez debout sur les pédales et vous relancez comme un dératé en gigotant sur le vélo. Le vélo reprend de la vitesse, et là crac, c'est le drame: une pierre proéminente cachée derrière une touffe d'herbe défonce votre pédale; le choc soulève le vélo et vous déséquilibre latéralement, la roue arrière retombe pas vraiment dans l'axe, la reprise de grip vous met encore un peu plus dans la merde, et sans vos réflexes ultimes de ninja votre grosse chance, vous auriez chû assez lamentablement.
C'est à peu de chose près ce qu'il m'est arrivé 1 fois, puis 2, puis 3,  toujours en relançant, et la 3ème fois, c'est le pied qui a été pris en sandwich entre la pierre et la pédale. Je peux vous assurer que je l'ai senti passer.


Arrivé à ce point, j'ai commencé à m'interroger: cela faisait déjà 3 fois que cela m'arrivait, toujours de la même manière. Sur ces 3 fois, la 1ère fois cela aurait pu très mal finir vu la vitesse à laquelle j'allais, la 2ème je n'allais heureusement pas assez vite pour que ce soit bien grave et je suis tombé gentiment dans le décor sans me faire mal, la 3ème fois j'ai failli me ruiner le pied. Je commençais vraiment à appréhender les phases de relance et à devenir un peu parano du placement de pédales faisant gaffe à la moindre pierre qui dépasse.

J'ai donc décidé d'essayer de comprendre ce qui n'allait pas. J'ai commencé par mettre le vélo bien à la verticale, et j'ai mesuré la hauteur entre le sol et le centre du BdP, en prenant bien garde à ce que fourche et amortisseurs soient bien au maximum de leur extension, avec tout le débattement présent. (Le DebonAir peut causser un léger affaissement dans le débattement d' ½ cm ou d'1 cm, ce qui fausse la mesure).
Verdict: 330mm mesurés.
Direction le site de YT où je vais voir le tableau de géométrie et trouve une hauteur de BdP annoncée de 346mm. Je me dis alors que j'ai mal mesuré, qu'il y a une erreur, alors je recommence en vérifiant la pression des pneus, et je mesure à nouveau: pas d'erreur, j'ai bien 330mm. Il me manque donc 16mm, ce qui n'est pas rien.

J'essaye de comprendre d'où peut venir le souci. Sur le tableau de géométrie fourni par YT, je dois en théorie avoir un BB Drop de -11mm entre les deux axes de roues. J'entreprends donc de tendre un fil de pêche entre les deux axes afin d'avoir un repère de mesure. Si la méthode est critiquable et la marge d'erreur possible, un fil de pêche, ça reste solide et ça permet de mettre pas mal de tension afin d'avoir quelque chose d'assez droit. Et plus on tend, plus le fil vient se positionner parfaitement au milieu des axes, rendant la mesure au final assez précise.
Résultat des courses, entre mon fil et le centre du BdP, je mesure un BB Drop de -25mm. Soit une différence de 14mm avec la normale. Plus de doute, mon boîtier de pédalier est environ 1,5cm plus bas que ce qu'il devrait être.
Cela peut expliquer en partie les problèmes rencontrés.

Alors est-ce réellement un problème ?
Eh bien oui et non. Des vélos avec des BdP à 330mm d'origine, ça existe. Un BdP bas, ça a aussi ses avantages et on peut légitimement se demander si 1,5cm changent vraiment la face du monde.
De mon point de vue, je ne cracherais pas sur un peu plus de hauteur sous mes pédales, que ce soit dans les montées comme dans les relances où je n'ai pas envie de me buter bêtement en étant éjecté du vélo à 40 km/h.
Il suffit de regarder la photo où j'ai simulé l'espace disponible sous la pédale avec un SAG de 25% pour la fourche et de 30-35% pour l'amortisseur. Moins de 10cm entre le sol et la pédale...
Inutile de vous dire qu'en pédalant, en montée, avec le poids porté sur l'arrière du vélo, on dépasse allègrement les 40% d'enfoncement de l'amorto quand le roue arrière touche une racine, diminuant encore un peu la hauteur sous la pédale. Pas étonnant alors que ça touche sur des pierres ou des racines dépassant à peine.

En conclusion, la seule parade que j'ai trouvée pour l'instant consiste à surgonfler légèrement l'amortisseur afin de garder un peu plus de hauteur de BdP. C'est plutôt efficace mais cela a un impact sur le fonctionnement de l'amortisseur qui travaille plus haut dans son débattement et où il me reste systématiquement 1 ou 2cm non utilisés.
Pas bien grave mais pas optimal non plus...


III - Le point sur les composants

RockShox Lyrik RC 170mm DebonAir Charger 2: version la plus basique de la Lyrik, je trouve qu'elle s'en sort honorablement. Comme souvent chez Rock Shox, le réglage de compression des Basses Vitesses est inopérant. Je peux tourner la molette en tout fermé ou tout ouvert, je ne constate aucune différence de ressenti sur le terrain. De là à dire que c'est de la poudre de perlinpinpin, il n'y a qu'un pas.
Comme beaucoup de fourche à air, un creux assez net est présent dans le milieu du débattement. On a de la sensibilité sur les petits chocs mais un simple gap d'environ 1m de haut consomme presque tout le débattement malgré une pression supérieure aux préconisations et 3 tokens installés. Idem dans le très pentu où on observe une certaine tendance à plonger.
Une prépa ou une conversion ressort métal sont des pistes que j'envisage.

RockShox Super Deluxe R: ici aussi version la plus basique de la gamme. Je trouve que cet amortisseur se marie particulièrement bien avec la cinématique progressive du Capra. Le tout travaille très bien et procure beaucoup de confort. Les plus gros chocs sont admirablement lissés et il faut déjà sacrément y aller pour talonner.
Le seul reproche que j'ai à faire concerne le rebond qui même complètement fermé reste trop rapide ce qui peut être gênant sur les kicks de certaines bosses avec une tendance à raquetter et envoyer le pilote sur l'avant.

DT Swiss E1900 SPLINE 27,5" : un sans-faute pour ces roues qui sont à la fois légère, solides, durables et particulièrement faciles à vivre (confortables, quasi zéro entretien, montage tubeless aisé...)
Je trouve juste que la roue libre est trop bruyante et ça peut être un peu casse-pied.

Maxxis High Roller II 27,5x2.40 EXO MaxxPro (arrière)/3C (Avant) : une valeur sûre pour l'enduro. Durable, polyvalent, proposant un grip honorable et un excellent rendement, le Highroller fait partie de mes pneus préférés. Pourtant, sur le Capra, je l'ai trouvé parfois un peu fuyant et flou à haute vitesse, pas assez accrocheur sur les gros freinages et clairement dépassé dans le très pentu lorsque le terrain est mouillé ou alors très "loose" (humus vosgien ou terre gréseuse légèrement sabloneuse).
J'ai opté pour un Minion DHRII sur la roue avant bien meilleur sur les points cités ci-dessus.

Transmission: Shimano SLX + cassette E*Thirteen TRS+ 9-46T
L'ensemble s'en sort avec les honneurs et propose un passage de vitesse précis, rapide et agréable. L'étagement de la cassette me convient tout à fait, le 46 permet de bien mouliner et le 9 d'atteindre des vitesses indécentes avec un développement assez dingue. Le pignon de 9, s'il n'est pas forcément indispensable permet surtout de conserver un développement important même avec un plateau de 30. Je ne suis pas dans ce cas puisque le 32 d'origine me convient bien, mais je ne doute pas que ça peut être un argument intéressant pour certains.
Toujours est-il que 1000 km plus tard, RAS, tout fonctionne comme au 1er jour.

SRAM Code R 4 pistons: freins plutôt puissants et endurants. Le feeling est agréable bien qu'un peu moins direct que ce que l'on peu trouver chez Shimano. Par contre, par temps humide et froids, ces freins sont très très bruyants.
Carton rouge pour l'entretien franchement casse- c****es et coûteux. Le DOT 5.1, ça reste une belle merde, le kit de purge coûte un bras avec le raccord Bleeding Edge et raccourcir les durits nécessite des olives spécifiques vendues à un prix astronomique. Mesquin et assez détestable de la part de SRAM.
Un changement de plaquettes pour des Trickstuff Power + améliore encore la puissance de freinage et le feeling de ce frein rendant l'ensemble pas dégueu du tout.

E*thirteen TRS+ 150mm : 1er contact assez déroutant. J'ai mis du temps à m'habituer au fonctionnement très brusque de cette tige de selle avec ses postions prédéfinies pas toujours évidentes à trouver. Par temps frois, la graisse favorisant le bon fonctionnement fige et ralentit la remontée de le TdS, empêchant parfois le verrouillage au dernier cran. Dès que la température passe au dessus de 10°C, plus aucun souci.
 Au final, je me sers surtout le la position basse en descente et de la position haute pour pédaler.
Une fois habitué, j'ai été très agréablement surpris: la commande est une réussite, l'ensemble est fiable bien qu'un peu rustique et ne nécessite quasi aucun entretien. Le SAV E Thirteen est très réactif, professionnel et arrangeant.
Reste que 150mm, c'est trop peu quand on fait 191cm et ça oblige à trouver un compromis pour pédaler correctement, avec du coup une sortie de selle minimum trop importante et gênante dans le très pentu.
Un changement pour un modèle avec plus de débattement est prévu.

Selle et grips d'origine, fournis par SDG, ils sont horribles tant ils sont inconfortables et durs. Alors oui, c'est light et stylé mais c'est à changer très vite.

Combo cintre + potence Race Face Aeffect certes très esthétique mais bien trop rigide en 35mm ce qui peut procurer un certain inconfort sur les longues descentes très rapides avec beaucoup de racines.

Les gaines et durits sont trop longues d'origine et font un bruit très agaçant, vibrant ou tapant à l'intérieur du cadre à la moindre secousse. Etant un gros maniaque du silence, ça m'a fait péter un câble. J'ai essayé à peu près toutes les solutions pour ne pas avoir à recouper parce que c'est quand même bien chiant à faire (voir partie dédiée sur les freins par exemple) mais sans succès.
J'ai tout raccourci il y a peu et installé de la gaine mousse Capgo, ça va beaucoup mieux depuis ! :)


! Attention aussi au serrage des vis présentes sur le cadre. Chez moi, certaines se sont desserrées dès la 1ère sortie.
A contrôler donc. Idem pour les vis torx des disques pas assez serrées en sortie d'usine chez moi.


Pour qui ?

Ce vélo conviendra parfaitement à ceux qui veulent un vélo à tout faire capable de vous emmener aussi bien sur de la piste d'enduro engagée qu'en bikepark en encore de vous permettre de faire une sortie plus tranquille et moins engagée sans vous ennuyer pour autant.
8/10
Prise en main
Stabilité
Maniabilité
Capacité à descendre
Capacité à monter
Comportement en l'air
Qualité d'équipement
Finition du cadre
Facilité d'entretien

Points forts

- Vélo à tout faire. Vraiment.
- Ultra confortable, géométrie parfaite
- Fun, vif, joueur
- Encaisse du gros sans faiblir et en redemande encore et encore
- Très stable mais pas pataud
- Capacités tout à fait honnêtes en montée
- Suspension arrière très progressive

Points faibles

- Boîtier de pédalier trop bas dans certaines situations
- Peinture fragile
- TdS E*Thirteen capricieuse par temps froid (0°C)
- Gaines et durits trop longues d'origine et qui tapent à l'intérieur du cadre
- Pads en caoutchouc qui se décollent
- Pas vraiment à son aise dans le trialisant et le très technique
- Roue libre bruyante (mais certains aimeront)

Recevoir gratuitement du matériel à tester (et garder), ça vous intéresse ? Les Tests Privés sont là pour vous ! Nous vous expliquons tout ici.

commentaires

4 commentaires

razgriz65
Statut : Expert
inscrit le 04/07/08
Stations : 4 avisMatos : 29 avisPhotos : 1 photos du jour
ah, ouais, ca c'est du test !
1
Laissez votre commentaire Connectez-vous pour laisser un commentaire