Test Kalenji Ultra 15 2019

1 test Kalenji Ultra 15.

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DDN
Par DDN

"Je préfère un vélo à un cheval, les freins sont plus faciles à vérifier." Lambert Jeffries

Avis sélectionné
Profil du testeur : 51 ans | 1,80m | 77kg | Avancé | Rochefort
Acheté : 65€ en magasin
Conditions du test : Des milliers de kilomètres de gravel, de route, de vélotaf, de VTT, de bikepacking dans toutes les conditions météo. Et quelques bornes de coursap', juste pour voir

Points forts

Solide
Bien fini
Excellent rapport qualité / prix
Bien conçu dans l'ensemble
Mention spéciale pour la poche à téléphone

Points faibles

Poche à eau minable, mais ça va s'améliorer
Coloris discutables
Gros logos moches mais ils s'améliorent

Je fais du vélo et j'ai soif. En fait, j'ai découvert les sacs d'hydratation de trail parce que j'avais soif. En saison, je bois au moins 500ml/h et souvent 700. Une sortie gravel moyenne de 200km c'est donc 5 à 6 litres de flotte = t'as l'air malin avec tes deux Maxi Corsa si tu peux pas ravitailler. En plus j'aime pas m'arrêter quand je roule moins de 300, ça me casse le rythme. Donc j'avais deux gros bidons sur le vélo, deux petits dans les poches de la tenue et avec ça j'avais encore soif. J'ai découvert par hasard en regardant une vidéo de l'UTMB début 2017 qu'il existait des sacs d'hydratation avec des flasques devant et la possibilité de mettre une poche d'hydratation; le tout sans l'effet carapace de tortue qui te tire vers l'arrière, te casse le dos et t'empêche de rouler.

Rapide calcul : poche à eau 3 litres + flasques 2x500ml + bidons 2x950ml = j'ai assez pour rouler la journée sans m'arrêter. J'en ai acheté un le lendemain, j'ai testé sur la saison et je roule avec ce type de sac depuis plus de 3 ans.

Le Camelbak d'occase mort en 18 mois, j'en ai voulu un autre.

Une des grandes leçons que j'ai apprises en détournant ce matériel de son usage c'est qu'il ne faut jamais acheter un sac sans l'avoir essayé. T'es jamais sûr qu'il va bien t'aller, tu sais pas si ton matos rentre dedans en vrai et s'il est confortable une fois chargé. Une douloureuse expérience avec le Waa Ultra m'a récemment confirmé cette règle.

J'habite à la brousse, à part Intersport et D4 y'a pas de magasin de sport vers chez moi où je puisse aller facilement en vélo. Ça tombait bien, le sac d'ultra chez Katluche venait de sortir, à un tarif élevé mais avec des prestations alléchantes sur le papier.

Du pareil au même truc à logos moches.

Ah, D4 et ses noms de marque de fantaisie, je crois que je ne m'en lasserai jamais. Les vélos de cyclotourisme Tribu, ceux de cyclosport De Lille, ceux de loisir Bitoin, ceux de montagne RouleRocher et ceux de rando Procherivière. Et la ligne de coursap' Killenjoe qui comprenait le running classique et le trail a subi une mitose pour se séparer en la même chose et en Eve t'a dite. Sur ce sac par rapport à mon modèle y'a que le logo qui a changé, tout le reste est exactement pareil. Oui, je suis allé vérifier.

Tiens au fait, Kalenji c'est un clin d'oeil aux Kalendjins, les peuples d'Afrique de l'Ouest qui vivent près du Rift et qui passent leur temps à rendre ridicules les blancs au marathon.

Dans le magasin.

T'as l'air d'un clodo à prendre le sac, fourrer tout ton matos dedans et l'essayer. Mais personne te dit rien, c'est ça l'un des avantages d'Auchan Sport, t'as pas un clampin qui vient te pomper la cahuète toutes les dix secondes "je peux vous aider ?" "c'est poukkoifére le saccado ?"

Tiens, il est vendu avec la poche à eau de daube habituelle mais sans les flasques donc c'est 20 balles de plus si t'en veux - j'ai pas osé prendre mes Salomon, j'aurais dû. Il y a 3 tailles, pas mal : je pense que je vais prendre XL, il ne correspond pas à ma taille sur le papier mais c'est celui qui me va le mieux. Va essayer qu'on't'dit.

Plein de possibilités de réglage des bretelles et du portage, je trouve très vite une position de confort. Je pousse le vice jusqu'à aller l'essayer sur un home trainer de démonstration et je suis bluffé par la position parfaite que je trouve immédiatement. Bon, ben va falloir trouver une façon de camoufler le gros logo moche qui orne la face arrière camouflage du sac, je sais pas pourquoi ils l'ont pas camouflé aussi. Au passage, Madame D4, ton nouveau color code pour le trail "bronze et noir" c'est une catastrophe visuelle.

Dans la cuisine.

Première étape : virer la poche à eau. C'est la même daube D4 que d'habitude, avec la tétine old school qui vit quelques mois, le système on / off qu'il faut tirer / enfoncer (= utiliser ses deux mains, bien casse-gueule quand tu roules), et la jonction poche / tuyau pas renforcée qui vit elle aussi moins d'une saison. Virée dans le Camelbak des enfants. J'ai confiance en eux les décathlistes, ils vont en trouver une autre, faut juste attendre qu'ils aient assez de retours négatifs. Au passage, Nico_be me dit dans l'oreillette qu'ils ont déjà nettement amélioré le système de tétine.

Une fois les flasques et la poche à eau pleines et en place, l'équilibre des charges est parfait. Je ne comprends toujours pas pourquoi les fabricants ne font pas de sacs d'ultra pour les cyclistes. La fixation magnétique intégrée à la bretelle gauche du sac n'est hélas pas amovible, bien dommage parce que le tuyau de la poche qui passe devant ma poitrine me gêne quand je me penche en avant = se révélera gênante pour rouler = se fera virer et remplacer par le modèle Osprey magnétique de la poche Hydraulics fixée sur une des sangles pectorales. Au passage, on peut tourner l'attache originale d'un quart de tour dans la fixation de bretelle ce qui empêche tout décrochage accidentel du tuyau. Vu la puissance des aimants, je ne vois pas à quoi ça sert mais c'est là.

La poche pour le téléfon est sur la bretelle de gauche, elle est énorme et elle est étanche : bravo.

Le système de sangles pectorales triple est modulable, on les place où on veut, et on peut en mettre seulement 1 ou 2 si on préfère. Et elles sont munies d'un système d'accroche de la longueur restante, ce qui permet de les replier sur elles-mêmes et évite qu'elles ballottent et tapent partout sur le torse. Attention à bien positionner le velcro au risque que la partie accrocheuse frotte sur le tissu du tee-shirt et l'abîme, mon maillot du Chilkoot fétiche en a fait les frais.

Les bretelles sont pleines de poches extensibles velcrotées, plaquées ou ficelées, toutes utilisables, logeables et tenant bien leur contenu. Elles sont de différentes taille et peu compartimentées = si vous utilisez comme moi des gourdes de 150 et des emballages de pom'pote recyclés pour transporter vos gels et purées, que vous n'utilisez pas les barres de céréales du commerce mais des trucs faits maison et des fruits déshydratés vous aurez la place de les mettre.

Y'a un sifflet fourni, merci D4 ça fait toujours chiche un sac à ce prix là où faut amener le sien. Par contre il est très nettement moins puissant que mon Fox 40 de fouteballe, il est plus petit et difficile à utiliser doigts froids ou mouillés : je préfère finalement amener le mien.

Une grande poche derrière ouvre vers le compartiment principal du sac qui comprend un sous-compartiment élastiqué. Je sais pas ce que mettent les trailers dedans mais moi je mets un bout de matelas mousse de rando recoupé aux bonnes dimensions qui me sert de sitpad ce qui m'évite de frotter l'arrière de mon cuissard Oakley à 200 balles - et au passage améliore encore le confort du sac. Un peu au dessus de ce compartiment on trouve une poche zippée pour les papiers et les sous, pas très visible et pas très accessible = on se fait pas piquer ce qu'on met dedans. Pour revenir à l'extérieur deux poches zippées plus petites de l'autre côté ouvrent vers des compartiments qui maintiendront par exemple une batterie de secours ou n'importe quel objet à peu près plat. Une poche filet à l'extérieur complète le tableau.

Je ne m'étends pas sur les fixations de bâtons que je n'utilise jamais, sauf pour dire que contrairement à celles de mes autres sacs je n'ai pas eu besoin de les découper parce qu'elles me gênaient.

Va courir.

Décidément, t'es dur de la feuille ou moulégon de la comprenette : à pied, c'est 10 bornes que je fais, pas 100 = aucun risque que j'aie besoin de ce genre de matos.

Bref, je suis quand même allé courir avec pour voir et j'ai préféré le confort avec des flasques de 330 qu'avec celles de 500 pour lesquelles le sac est prévu. On boit facilement sans besoin de pipettes longues et elles ne bougent pas contrairement aux 500 qui ont une fâcheuse tendance à sortir du logement quand elles sont pleines. Le téléphone, les trucs à manger, les clés, le couteau à carottes sont accessibles facilement sans s'arrêter. Fait ce pour quoi on l'a acheté, donc.

Un nouveau petit stop sur cette fameuse grande poche à téléphone de la bretelle de gauche : non seulement elle est étanche à la transpi et à la pluie, elle est grande, et tous les gros smarteffones du marché rentrent dedans mais en plus elle est très sécurisée par le grand zip, le phone est bien maintenu même en courant et il reste accessible : bravo 2, le retour.

La poche à eau est isolée de la peau par un mesh épais qui fait pas mal son office, too bad son système d'accroche c'est un genre de mousqueton en plastique qui n'est pas compatible avec tous les modèles - on peut toujours bricoler avec une ficelle ou le cordon de suspension du sac. En courant, le tuyau de la poche d'hydratation qui passe devant me gêne assez peu et le système de fixation magnétique sur la bretelle de droite fait le boulot. Après que je l'aie viré, le système d'attache Osprey sur la sangle pectorale du milieu fera lui aussi le boulot. Au fait, la poche à eau est isolée du compartiment principal du sac, c'est évident mais ça va mieux en le disant.

La grosse poche filet à l'extérieur est très facile d'accès sans s'arrêter, on peut facilement (mettre et enlever la Kalash quand on se fait attaquer par un grizzly) mettre et enlever la veste quand on a froid / moins froid.

Jamais tu roules ?

Test sur environ 6 mois soit environ 6000 km, plein de sorties gravel de 100, un bon vieux 200 bien technique, un 400 avec la nuit in the Natchure, une rando pépère de plusieurs jours en famille, des sorties routes de 100-150, quelques grosses sorties VTT... Et 4 mois de vélotaf (ça, habituellement, ils aiment pas, les sacs à dos : je roule chargé de mon repas et du matos de réparation, 15-30 bornes par jour, dans le mouillé, le froid, le vent, la bouillasse selon les jours, excellent test de solidité des matériaux).

En conditions réelles, il rentre tout mon matos de sortie longue dedans = tout ce que je veux avoir à portée de la main sans ouvrir une des sacoches du vélo. L'ouverture latérale des zips des poches postérieures sont très pratique pour cet usage : je n'ai pas besoin de défaire ou de quitter le sac pour avoir accès à ce que je cherche (au hasard : crème solaire, manchons, outils, câble USB, etc.) Et la food pouch / la sacoche de tube supérieur peuvent garder leur fonction : transporter la barquette de frites et le burger, pure Lael Wilcox style. Et la poche pour téléphone permet de le sortir à une seule main pour prendre des photos sans lâcher le cintre = sans s'arrêter = bravo 3, la vengeance.

Sac sur le dos, le confort en roulant est aussi bon que dans le magasin et ne s'est jamais démenti. Je peux boire facilement dans les flasques, faut juste faire attention à boire d'abord dans la poche sans la vider complètement puis de façon équilibrée dans chaque flasque pour préserver la répartition de la charge. En plein été, je transpire raisonnablement, le mesh fait son travail. En hiver, il tient chaud sans excès. Le sac est trop haut et empêche complètement l'accès aux poches de la tenue mais après tout vu le nombre de poches et de compartiments du sac je ne saurais pas trop quoi mettre dedans.

Après des milliers de kilomètres, les matériaux pourtant fins et légers se révèlent solides et utilisables au quotidien. Il n'est pas étanche : si vous prévoyez d'aller sous la pluie, mettez les contenus des poches principales dans des sacs ziplock.

Conclusion, the drug of the nation, breeding ignorance and feeding radiation (ça fait longtemps que je voulais la faire, celle là)

Il frise la perfection, ce sac. Ça fait toujours mal au nez de le dire d'un produit de supermarché, mais il est bien conçu, très solide, adapté à son usage et de grande qualité. Cher pour un truc DieFour mais comparé à la concurrence, il reste dans un tarif ajusté. Il n'est pas étanche, la concurrence non plus. Et puisqu'on en parle, il dispose d'une poche à téléphone étanche, bien placée, grande et particulièrement bien conçue, pas la concurrence.

Pourquoi seulement 8, alors ? 1 de moins parce qu'il m'a flingué la partie avant de mon maillot de vélo préféré et 1 de moins parce que quitte à mettre une bouse (même une bouse en amélioration), autant ne carrément pas mettre de poche à eau et baisser le prix du sac.

Pour qui ?

Pour tous ceux qui font de la longue distance à vélo et comme ils ne sont pas convaincus par le principe du sac à dos ne veulent pas mettre cher dans leur premier.
8/10
Finition
Solidité
Maintien
Modularité
Poche à eau facilement accessible
Rapport qualité/prix

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